Livraison à domicile via les agrégateurs

Depuis la crise de la Covid 19, la livraison à domicile est devenue un canal de distribution indispensable au commerce de bouche. Sur ce créneau, les plateformes-agrégateurs, comme UBER et DELIVEROO, sont des partenaires incontournables.

Le succès de ces plateformes auprès des consommateurs est tel que même les chaines (essentiellement, de pizza) qui avaient leurs propres livreurs, s’y sont mises.

Concrètement, comment cela se passe dans le cadre d’un réseau de franchise/distribution ?

La tête du réseau, le franchiseur, négocie un accord-cadre avec la plateforme, auquel adhèrent les membres du réseau. Suivant les réseaux, cette adhésion peut être obligatoire ou facultative.

L’accord-cadre détermine le taux de la commission versé par le franchisé à la plateforme, les dispositions sur les prix pratiqués et l’obligation de participer aux actions promotionnelles décidées par la plateforme.

En fonction de la situation du restaurant (centre-ville par exemple), les ventes par le biais des agrégateurs peuvent représenter entre 30% et 50% du chiffre d’affaires du franchisé.

Mais alors, est-ce que ces ventes sont vraiment profitables pour le franchisé ? C’est la question que se posent de nombreux franchisés car l’augmentation des volumes des ventes ne rime pas, dans ce cas précis, avec l’augmentation de la marge.

En effet, pour le même cout de revient du produit vendu, et même si le prix de vente peut parfois être légèrement supérieur à celui pratiqué sur place, la marge perçue s’avère modique, voire parfois inexistante : 

  • Les plateformes pratiquent des actions promotionnelles agressives, pourtant obligatoires, qui mettent à mal la marge du franchisé
  • Les livreurs n’étant pas équipés pour la livraison des plats chauds, les franchisés soucieux de leurs clients investissent dans les sacs isothermes à usage unique, au préjudice de leur marge, 
  • Sur le montant de la vente (le chiffre d’affaires brut LAD), le franchisé payera environ 20% à l’agrégateur, ce qui diminue d’autant sa marge,
  • La redevance contractuelle due au franchiseur s’appliquera sur le chiffre d’affaires brut, c’est-à-dire aussi sur les 20% payés à l’agrégateur. C’est une redevance sur une charge exposée par le franchisé
  • Nombre d’accords-cadres prévoient une rétrocession au profit du franchiseur sur le volume des ventes réalisés par le réseau (souvent, 1% sur les 20% versés par le franchisé à l’agrégateur). Le franchiseur appliquera cependant sa redevance contractuelle même sur la commission qui lui est versée par ailleurs.
  • L’augmentation des volumes des ventes (du chiffre d’affaires global) pourrait entrainer l’augmentation des loyers commerciaux ou des redevances de franchise s’ils sont progressifs et non pas en taux fixe. Là encore, la marge du franchisé prend un coup.

Alors, si la vente par le biais des agrégateurs est certainement une excellente chose pour la marque et sa notoriété ainsi que pour les finances du franchiseur, il n’est pas certain qu’elle soit aussi bénéfique pour le franchisé et pour l’équilibre financier de son exploitation. Dans le respect du principe de la bonne foi dans l’exécution des contrats et pour rééquilibrer les charges et les profits liés à la livraison à domicile par les agrégateurs, les franchiseurs devraient revoir l’assiette de leur redevance et exclure de celle-ci les commissions versées par les franchisés aux agrégateurs.

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